
Aujourd’hui, nous vous écrivons pour dénoncer le durcissement des visas en Afrique plus particuliè- rement au Sénégal. Les politiques de visa restric- tives et les procédures de demande de visa de plus en plus complexes et coûteuses sont un obs- tacle majeur, une gymnastique sans fin pour les Africain⋅e⋅s qui souhaitent voyager, étudier, tra- vailler ou rejoindre leurs familles à l’étranger.
Ces politiques ont des conséquences dévasta- trices pour les individus, les familles et les com- munautés qui n’hésitent même pas de trouver autres moyens (la mer ou le désert) pour rejoindre l’Europe. Elles limitent les opportunités écono- miques, restreignent l’accès à l’éducation et à la formation, et entravent la mobilité sociale. Elles créent également des inégalités et des injustices, car ceux⋅lles qui ont les moyens de payer les frais de visa et de satisfaire aux exigences complexes peuvent voyager, tandis que les autres sont lais- sés en quai.
Le durcissement des visas en Afrique est égale- ment un symbole de la méfiance et de la suspicion envers les Africain⋅e⋅s. Il est temps de reconnaître que les Africain⋅e⋅s ont le droit de se déplacer li- brement et de choisir leur lieu de résidence comme mentionner dans la constitution sénéga- laise. Il est temps de mettre en place des poli- tiques de visa qui soient justes, équitables et res- pectueuses des droits de l’homme.
Nous exigeons que les gouvernements et les ins- titutions internationales prennent des mesures pour assouplir les politiques de visa et pour facili- ter la mobilité des Africain⋅e⋅s. Nous exigeons que les frais de visa soient réduits ou remboursés en cas de refus de visa, que les procédures de de- mande de visa soient simplifiées et que les délais de traitement soient accélérés.
Nous nous solidifions avec les Africains⋅e⋅s qui sont affecté⋅e⋅s par ces politiques et qui luttent pour leurs droits. Nous nous solidifions avec les organisations qui travaillent pour défendre les droits des migrant⋅e⋅s et des réfugié⋅e⋅s.
La liberté de circulation est un droit fondamental qui devrait être accessible à tou⋅tes, sans distinc- tion de genre, d’orientation sexuelle ou d’identité de genre. Pourtant, les personnes LGBTQ+ sont souvent confrontées à des obstacles et des dan- gers lorsqu’elles se déplacent, que ce soit à l’inté- rieur de leur pays ou à l’étranger.
Les lois et les politiques discriminatoires, les per- sécutions et les violences homophobes et trans- phobes, les restrictions de voyage et les interdic- tions de séjour, tout cela contribue à créer un en- vironnement hostile pour les personnes LGBTQ+. Cela les force souvent à vivre dans la peur, à ca- cher leur identité ou à renoncer à leurs droits fon- damentaux.
Il est temps de reconnaître que la liberté de circu- lation est un droit essentiel pour les personnes LGBTQ+, tout comme pour les autres. Il est temps de mettre en place des politiques qui protègent et facilitent la circulation des personnes LGBTQ+, plutôt que de la restreindre.
Ensemble, nous pouvons créer un monde plus juste et plus solidaire. Un monde où les Afri- cain⋅e⋅s peuvent se déplacer librement et vivre avec dignité. Un monde où les droits de l’homme sont respectés et où la compassion et la solidarité sont les valeurs qui guident nos actions.
Alors, je vous demande de rejoindre la lutte pour l’assouplissement des politiques de visa en Afrique. De défendre les droits des Africains à se déplacer librement. De créer un monde plus juste et plus solidaire. Ensemble, nous pouvons faire une différence.
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